Pourquoi acheter plus cher peut finalement vous faire économiser ?

Et si les produits les moins chers étaient parfois ceux qui nous coûtent le plus ? Derrière le prix d'un objet se cachent sa qualité, sa durée de vie et surtout notre manière de l'utiliser. Quelques exemples du quotidien pour revoir notre façon de consommer.

14 octobre 2026par D'ici et de claire11 min de lecture
Pourquoi acheter plus cher peut finalement vous faire économiser ?

Et si le véritable luxe n'était pas de pouvoir acheter cher, mais de ne pas avoir à racheter sans cesse ?

Nous avons presque tous le même réflexe lorsque nous faisons nos achats : regarder le prix.

Et face à deux produits qui semblent remplir la même fonction, pourquoi choisir celui qui coûte deux ou trois fois plus cher ?

Après tout, nous cherchons tous à préserver notre pouvoir d'achat.

Mais voilà une question que nous nous posons beaucoup moins souvent : combien cet objet va-t-il réellement me coûter au fil du temps ?

Car un prix bas ne signifie pas nécessairement une bonne affaire. Un objet peu coûteux, mais qu'il faut remplacer régulièrement, peut finir par revenir beaucoup plus cher qu'un produit de qualité acheté une seule fois.

À l'inverse, un prix élevé n'est pas une garantie de durabilité.

Et c'est justement là qu'il faut faire preuve de discernement. Car entre les véritables savoir-faire, les promesses marketing et les étiquettes parfois trompeuses, il y a de quoi s'y perdre !

Alors, acheter plus cher permet-il réellement de faire des économies ?

Oui, parfois. Mais certainement pas les yeux fermés !

Le véritable prix d'un produit ne se trouve pas toujours sur son étiquette

Imaginons deux articles remplissant exactement la même fonction.

Le premier coûte 5 € et doit être remplacé tous les mois.

Le second coûte 12 €, mais dure trois mois.

Au bout d'une année, le premier vous aura coûté 60 €, contre seulement 48 € pour le second.

Vous avez donc dépensé davantage lors de l'achat, mais économisé 12 € sur l'année.

Ce raisonnement repose sur une notion simple : le coût à l'utilisation.

Et pour illustrer cette différence, inutile de chercher des objets extraordinaires. Il suffit parfois d'ouvrir les placards de notre salle de bain.

Ces petits cotons jetables qui nous coûtent plus qu'on ne le pense

Qui n'achète pas, ou n'a jamais acheté, de cotons pour se démaquiller, nettoyer son visage ou appliquer une lotion ?

Comme le papier toilette et bien d'autres produits d'hygiène, ils font partie de ces achats ordinaires et répétitifs auxquels nous ne prêtons presque plus attention.

Un coton le matin, deux le soir, parfois davantage.

On les utilise quelques secondes, puis on les jette.

Et demain, on recommence.

Individuellement, ces petits morceaux de coton semblent presque insignifiants. Mais additionnés sur plusieurs années, ils représentent une dépense et une quantité de déchets dont nous avons rarement conscience.

Faisons un petit calcul !

Prenons pour exemple un paquet de 50 cotons jetables vendu 1,45 €, prix relevé en août 2026.

Sur deux ans, soit 730 jours, voici ce que représente leur consommation :

Utilisation quotidienneNombre de cotons jetésCoût estimé1 coton73021,17 €2 cotons1 46042,34 €3 cotons2 19063,51 €

Calculs établis au coût unitaire, hors promotions et variations de prix.

Et encore, nous ne parlons ici que d'une seule personne !

À présent, regardons une autre façon de consommer.

Mes lingettes lavables : 20 € pour plusieurs années d'utilisation

Dans mon atelier en Touraine, je confectionne des lingettes de toilette lavables, avec une face en tissu et une autre en fibre de bambou particulièrement douce.

Je les propose par lot de 10 au prix de 20 €.

Vingt euros pour dix lingettes alors qu'un paquet de cotons jetables coûte moins de deux euros ?

Présenté ainsi, le choix peut sembler évident en faveur du jetable !

Mais faisons l'effort de regarder un peu plus loin.

Avec un entretien adapté, mes lingettes peuvent conserver leur douceur pendant environ deux ans, selon leur fréquence d'utilisation.

Prenons une personne qui consomme habituellement deux cotons par jour.

Sur cette période, elle dépensera environ 42,34 € en cotons jetables, contre 20 € pour son lot de lingettes lavables.

Soit une différence de 22,34 € en faveur du réutilisable, avant les frais de lavage.

Bien sûr, il faut compter l'eau, la lessive et l'énergie nécessaires à leur entretien. L'économie réelle dépend donc des habitudes de chacun.

Et si vous utilisez très peu de cotons, ou achetez des cotons particulièrement bon marché, les lingettes ne seront pas forcément le choix le plus économique.

Mais voilà où cet exemple devient encore plus intéressant.

Deux ans dans la salle de bain… puis une seconde vie dans la maison !

Lorsque mes lingettes commencent à perdre leur douceur, je ne les considère pas pour autant comme bonnes à jeter.

Je leur trouve simplement une nouvelle fonction.

Après un lavage approprié, elles deviennent de petits chiffons de ménage pour dépoussiérer, nettoyer certaines surfaces ou entretenir différents objets.

Finalement, elles peuvent continuer à rendre service bien au-delà de leur première utilisation.

Et si le secret d'un achat durable était aussi de savoir donner plusieurs vies aux objets ?

C'est une manière de consommer que j'affectionne particulièrement : acheter utile, utiliser longtemps, puis réemployer plutôt que jeter.

Une planche à découper à 98 € : dépense excessive ou achat réfléchi ?

Changeons de pièce et passons dans la cuisine.

Dans ma boutique, je propose une planche à découper artisanale en bois debout, réalisée par Hervé Rouire, artisan en Touraine.

Son prix : 98 €.

Oui, cela peut sembler beaucoup pour une planche à découper !

Mais derrière ce prix, il y a une technique de fabrication particulière, inspirée des billots de boucher traditionnels.

Neuf essences de bois sont assemblées avec soin, les fibres étant orientées verticalement.

Cette conception permet à la surface de mieux supporter les découpes répétées et contribue à sa durabilité.

C'est un véritable objet de travail, pensé pour accompagner les gestes du quotidien.

Si vous la conservez dix ans, son prix d'achat représente 9,80 € par an. Si vous la gardez vingt ans, seulement 4,90 € par an.

Ce sont naturellement des hypothèses, et non des garanties.

Mais elles permettent de considérer autrement un prix qui semblait initialement excessif.

Une nuance essentielle toutefois : une planche de qualité mal entretenue peut se détériorer prématurément.

On ne la laisse pas tremper dans l'eau, on évite le lave-vaisselle et on prend soin de son bois.

La qualité ne dispense pas de l'entretien. Elle lui donne au contraire tout son sens.

Les produits solides : moins de gaspillage, une durée d'utilisation parfois surprenante

Autre catégorie qui mérite notre attention : les produits d'hygiène et d'entretien.

Nous achetons régulièrement des flacons de liquide vaisselle, de gel douche ou de déodorant, sans toujours nous demander combien de temps ils durent réellement.

Pourtant, un produit solide ou concentré peut offrir plusieurs mois d'utilisation.

Le solide vaisselle : 6,90 € pour plusieurs mois

Prenons le solide vaisselle Ma Kibell, fabriqué en Bretagne.

Vendu 6,90 € les 100 g, il offre une durée d'utilisation estimée à trois ou quatre mois, selon les habitudes de chacun.

Cela représente entre 1,73 € et 2,30 € par mois.

Il suffit de passer une éponge ou une brosse humide sur le galet pour prélever le produit nécessaire.

Autre avantage : moins de flacons plastiques à renouveler.

Est-il systématiquement plus économique que tous les liquides vaisselle du commerce ? Pas nécessairement.

Tout dépend de leur prix, de leur concentration et de la quantité utilisée.

Mais sa durée d'utilisation mérite d'être prise en considération avant de comparer les étiquettes.

Le déodorant solide : et si nous comptions en mois plutôt qu'en flacons ?

Les déodorants solides de la Savonnerie Cléau, fabriqués en Touraine, sont vendus 13 € dans ma boutique.

Un tarif plus élevé que celui de nombreux déodorants classiques.

Pourtant, avec une petite quantité appliquée quotidiennement, leur durée d'utilisation est estimée à environ quatre mois.

Cela représente 3,25 € par mois, si cette durée est effectivement atteinte.

Là encore, certains utilisateurs feront des économies, d'autres pas forcément.

La consommation, le prix du produit habituel et la quantité appliquée changent le résultat.

Ce qui compte, c'est de comparer les produits sur une même durée et selon leur utilisation réelle.

Un produit à 13 € qui dure quatre mois ne peut pas être comparé honnêtement à un produit à 3 € sans connaître sa durée de vie.

Le Made in France : quand le savoir-faire contribue à la durabilité

Je ne pouvais pas aborder ce sujet sans parler d'un exemple emblématique : les verres Duralex.

Qui n'a jamais eu entre les mains ces célèbres verres, parfois conservés pendant des décennies dans les familles ?

Fabriqués dans le Loiret, les verres Duralex bénéficient d'un savoir-faire industriel français reconnu.

Leur procédé de trempe améliore leur résistance aux chocs mécaniques et aux variations de température.

Ils ne sont évidemment pas incassables, mais leur conception favorise une utilisation quotidienne et durable.

C'est un bel exemple de ce que notre industrie française est capable de produire : des objets fonctionnels, robustes et dont la réputation s'est construite au fil des générations.

Le Made in France peut donc être un véritable atout lorsqu'il repose sur des compétences techniques, une fabrication exigeante et des matériaux adaptés.

Acheter français permet également de soutenir une activité économique et des savoir-faire sur notre territoire.

Mais attention…

Made in France, artisanal, haut de gamme : gardons un regard critique !

C'est probablement le point sur lequel je souhaite le plus insister.

J'ai choisi de valoriser les fabricants et artisans français dans ma boutique, parce que je crois profondément à la richesse de nos savoir-faire.

Mais je refuse de considérer qu'une origine française suffit à rendre un produit exceptionnel.

Un produit fabriqué en France n'est pas automatiquement durable. Un produit artisanal n'est pas forcément irréprochable. Et un produit cher n'est pas nécessairement de bonne qualité.

Ce serait bien trop facile !

Un drapeau tricolore sur une étiquette ne constitue pas un certificat de robustesse.

De même, les mots « premium », « naturel », « écologique » ou « responsable » ne devraient jamais dispenser d'un examen attentif.

Aujourd'hui, certaines marques excellent davantage dans l'art de raconter une belle histoire que dans celui de fabriquer de bons produits.

Et il faut savoir faire la différence.

D'où viennent les matières ? Comment le produit est-il fabriqué ? Est-il réparable ou entretenable ? Sa conception correspond-elle à son usage ? Son prix est-il réellement justifié ?

Ce sont ces questions qu'il faut se poser.

La qualité doit se démontrer, pas simplement s'afficher sur un emballage.

D'ailleurs, le Made in France n'est pas une garantie absolue de qualité, pas plus qu'un produit fabriqué à l'étranger n'est nécessairement de mauvaise qualité.

Ce qui compte, c'est l'exigence réelle derrière sa fabrication.

Acheter moins, acheter mieux… mais surtout acheter utile !

Il y a enfin un paradoxe dont nous devrions davantage parler.

À quoi bon acheter un produit réutilisable s'il termine au fond d'un placard ?

À quoi sert une magnifique planche en bois si nous n'osons jamais nous en servir ?

Et quel intérêt d'accumuler des objets dits écologiques dont nous n'avons pas réellement besoin ?

Un achat responsable ne se résume pas au choix d'un matériau, d'une origine ou d'une marque.

Il suppose aussi une certaine cohérence dans notre manière de consommer.

Entretenir ce que l'on possède déjà, réparer, réutiliser, détourner un objet de sa fonction initiale, acheter d'occasion lorsque cela est pertinent…

Ce sont autant de gestes qui permettent de limiter nos dépenses et notre consommation de ressources.

Et n'oublions pas une réalité : tout le monde ne dispose pas du budget nécessaire pour investir immédiatement dans des produits plus coûteux.

Il ne s'agit donc pas de culpabiliser ceux qui achètent moins cher.

Il s'agit de rappeler que, lorsque nous en avons la possibilité, raisonner à long terme peut nous permettre de mieux utiliser notre argent.

L'achat le plus responsable reste parfois celui que l'on décide de ne pas faire.

Et si nous réapprenions à donner de la valeur aux choses ?

Nous vivons dans une société où tout semble devoir être accessible immédiatement, remplacé rapidement et acheté au prix le plus bas.

Nous avons progressivement pris l'habitude de jeter plutôt que réparer, de remplacer plutôt qu'entretenir.

Mais cette logique mérite d'être remise en question.

Car un objet possède une valeur qui dépasse parfois largement le chiffre inscrit sur son étiquette.

Il y a les matières, les heures de travail, le savoir-faire, la qualité de fabrication, mais aussi les années pendant lesquelles il nous accompagnera.

C'est cette réflexion qui guide mes choix pour D'Ici et de Claire.

Je rencontre des artisans et fabricants français, je m'intéresse à leurs méthodes de travail, à leurs matières, à leurs créations.

Je souhaite proposer des objets qui ont une histoire, mais surtout une véritable utilité.

Non, je ne prétends pas que tous les produits de ma boutique sont les moins chers du marché.

Ni même qu'ils vous feront tous économiser de l'argent.

Ce serait vous raconter une jolie histoire commerciale, et ce n'est pas ce qui m'intéresse.

En revanche, j'aimerais contribuer, à mon échelle, à changer notre regard sur la consommation.

Acheter moins, mais choisir avec davantage de réflexion.

Privilégier, lorsque c'est possible, des objets que l'on aura plaisir à utiliser longtemps.

Et surtout, retrouver ce réflexe simple : prendre soin de ce que nous possédons avant d'envisager de le remplacer.

Car finalement, la vraie question n'est peut-être pas :

« Pourquoi acheter plus cher ? »

Mais plutôt :

« Pourquoi continuons-nous à trouver normal de devoir racheter sans cesse ? »

Claire – D'Ici et de Claire

L'art de dire merci… et de redonner de la valeur aux choses.

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